[FRANCE 2030] POLLUTION LUMINEUSE ET INDICATEURS ÉCONOMIQUES : LES 1ères VERSIONS DES SERVICES DÉVOILÉS

Le 19 mars et le 1er avril derniers, des ateliers ont été organisés afin d’échanger sur la première version des services basés sur les données spatiales dans le cadre des démonstrations de services « pollution lumineuse » et « indicateurs économiques », dans le cadre du plan d’investissement France 2030. Après une phase de consolidation des besoins des institutionnels publics cibles par les entreprises lauréates, ce moment clé dans la vie du projet était l’occasion de partager les premiers retours des services proposés.

La co-construction des démonstrateurs pour répondre au plus près des besoins des institutionnels publics 

Dans le cadre France 2030 du volet « valorisation des données spatiales », 7 démonstrations de services sont pilotées par le service Applications Terre&Atmosphère au sein de la sous-direction Missions, Données d’observation de la Terre et Application Aval. Ces projets ont pour but le développement et la mise à disposition des institutionnels publics français, utilisateurs cibles des démonstrateurs, de services autour de 7 thématiques : surveillance maritime ; hydrologie ; surveillance et gestion de crise ; bande côtière ; Internet des objets (IOT) ; pollution lumineuse ; indicateurs économiques.

Un des atouts offerts par ce dispositif est le développement des démonstrateurs de services par les entreprises lauréates avec un modèle de co-construction. En effet, les utilisateurs cibles ont pu dès le démarrage des projets préciser leurs besoins et les entreprises lauréates les traduire en spécification technique et fonctionnelle avec des cycles de validation à chacune des étapes pour s’assurer de l’adéquation des indicateurs et services associés aux besoins exprimés. À titre d’exemple, le service résultant peut être une plateforme de visualisation et d’analyse des indicateurs produits.

Tout au long de cette phase de définition et de développement, un travail de pédagogie sur les méthodes employées et les données sources utilisées a été également engagé par les entreprises lauréates ayant pour objectif d’accroître chez les utilisateurs la confiance dans l’information produite, signe également de transparence dans les approches choisies. Durant les 3 années de vie du projet, les utilisateurs cibles testeront et valideront les services développés et feront part de leur retour d’expérience sur les aspects utilisateurs et usages permettant d’apporter une amélioration continue des services proposés.

Au terme de 6 mois de développement, les entreprises lauréates des démonstrations de services pollution lumineuse et indicateurs économiques ont produit les premiers indicateurs basés en tout ou en partie sur de la donnée spatiale et mis à disposition à travers des plateformes web de visualisation et d’analyse des indicateurs permettant de faciliter leur lecture, leur croisement et leur synthèse à destination des utilisateurs cibles. Les acteurs cibles sont régionaux (région, métropole) et/ou institutionnels nationaux type ministères ou instituts publics (Insee, Banque de France)

Le 19 mars et le 1er avril ont eu lieu les 1ers ateliers de présentation des services, l’occasion d’échanger sur les premiers résultats et les premières fonctionnalités des services proposés ou en cours de développement.

Les utilisateurs cibles ont tous exprimés la nécessité de disposer d’informations fiables, régulièrement mises à jour et compréhensibles par tous. De plus, les services qui permettront leur visualisation et leur analyse devront être simples, intuitifs et accessibles à des non-initiés, qui puissent en un coup d’œil saisir l’information pertinente pour l’intégrer à la prise de décision.

Les premiers retours montrent que la couverture géographique ainsi que la haute fréquence de revisite constituent des atouts majeurs pour lesquels le recours aux données spatiales apporte un net avantage par rapport aux données exploitées à ce jour par les utilisateurs cibles.

Prendre le pouls de l’économie depuis l’Espace

À titre d’exemple, dans le cadre du suivi de la situation macroéconomique en France et à l’étranger, l’utilisation de données dites alternatives dont la donnée d’observation de la Terre constitue une donnée complémentaire aux enquêtes terrain grâce à l’information produite en temps quasi-réel sur la dynamique macroéconomique et une couverture des principales économies du globe avec une qualité uniforme. De plus, ces données nouvelles apportent une information pertinente pour les pays pour lesquels les statistiques officielles peuvent être potentiellement biaisées ou absentes.

À l’échelle de la France, ces mêmes données permettent de suivre le développement économique régional en apportant une information sur l’évolution et les tendances macro-économiques du contexte régional en avance des données officielles avec des données disponibles plus rapidement, des données cruciales pour permettre un pilotage stratégique et pour évaluer l’efficacité des actions en quasi-temps réel. 

Photos prises lors de l’atelier organisé le 1er avril 2026 par le groupement d’entreprises Quantcube Technology et Kayrros, lauréat du projet France 2030 indicateurs économiques au sein des locaux de la Région Ile-de-France en présence des utilisateurs cibles tels que la Banque de France, de l’Insee, de la Région Sud, de la Région Ile-de-France, du ministère de l’agroalimentaire, de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, de l’Observatoire français des conjonctures économiques et du CNES. ©CNES

En complément, les données d’observation de la Terre permettent de suivre la production agricole, l’évolution de l’occupation du foncier et de la construction immobilière et l’occupation des sites logistiques, des informations clés pour apprécier l’impact des politiques publiques mises en place sur un territoire.

Photos prises lors de l’atelier organisé le 1er avril 2026 par le groupement d’entreprises Kermap, GEOFIT, Capgemini et ITK, lauréat du projet France 2030 indicateurs économiques au sein des locaux de la Région Ile-de-France en présence des utilisateurs cibles tels que la Banque de France, de l’Insee, de la Région Sud, de la Région Ile-de-France, du ministère de l’agroalimentaire, de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, de l’Observatoire français des conjonctures économiques et du CNES. ©CNES]

Accompagner les villes dans leurs actions d’éclairage nocturne

Dans le cadre du suivi de l’éclairage nocturne, l’exploitation des données spatiales et en particulier, d’observation de la Terre acquises de nuit permettra de soutenir les actions des politiques publiques en matière de prévention et de limitation liée aux nuisances lumineuses. En effet, en 2023, 72% du territoire français métropolitain est exposé à un niveau élevé de pollution lumineuse en cœur de nuit (La pollution lumineuse en France, SDES, 10/10/2025). L’excès d’éclairage artificiel est une source de perturbations pour les populations et la biodiversité, de gaspillage énergétique mais aussi de privation de l’observation du ciel étoilé. Un des enjeux du projet France 2030 pollution lumineuse est de répondre aux besoins des utilisateurs cibles à savoir de suivre l’éclairage nocturne dans le but de vérifier la conformité à la règlementation relative à l’arrêté du 27 décembre 2018 et ses arrêtés modificatifs sur la prévention, la réduction et la limitation des nuisances lumineuses. L’objectif est notamment de pouvoir détecter tout écart à la règlementation.

Le recours aux données spatiales d’observation de la Terre par leur caractère systématique, à plus haute fréquence de revisite, à couverture globale et homogène apporte un net avantage comparé aux relevés terrain, ou aux bases de données existantes des sources lumineuse incomplètes ou hétérogènes. En effet, les images satellitaires prises régulièrement permettront d’établir un diagnostic à un instant t d’une zone géographique donnée (quartier, commune et ville, métropole), d’évaluer l’impact d’une action d’intervention terrain ou encore d’orienter les actions d’atténuation de l’éclairage nocturne.

Photos prises lors de l’atelier organisé le 19 mars 2026 par le groupement d’entreprises LaTelescop et Airbus Defense & Space au sein des locaux du Cerema, lauréat du projet France 2030 pollution lumineuse et en présence des utilisateurs cibles du projet tels que le ministère de la transition écologique, la Métropole du Grand Paris, la métropole de Brest, Montpellier Méditerranée Métropole, la ville de Paris, le Pôle métropolitain du Genevois français et du CNES. ©CNES

Dans les prochains mois, les institutionnels publics, utilisateurs cibles des démonstrateurs de services en cours de développement auront l’occasion de tester et d’évaluer la performance des indicateurs mais aussi, leur utilité et l’utilisabilité des services associés, une étape clé dans le processus d’adoption et d’appropriation des services de façon pérenne.

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