[LES ENTREVUES DE GEODES] FPCUP-NEXT , l’Aval Copernicus en France

Avec Robin FAIVRE, Expert Applications et Services Aval en Observation de la Terre
Bien que les données d’observation de la Terre du programme Copernicus soient accessibles librement et gratuitement, leur appropriation et leur exploitation par le plus grand nombre demeurent un défi majeur. Fort du succès du programme européen FPCUP, destiné à favoriser l’adoption de ces données, le CNES prolonge son engagement envers l’écosystème “Copernicus France” avec le lancement de FPCUP-NEXT. Robin Faivre, responsable du programme au CNES, porte cette ambition avec conviction : “La donnée spatiale constitue une ressource dont le potentiel d’exploitation reste immense”.
Pour vous qui êtes expert en ce domaine, pourquoi l’OT est-elle remarquable ?
J’ai toujours été impressionné par la vision à la fois synoptique et multi-échelle qu’offre l’OT : elle nous donne un point de vue lointain avec un champ très large, mais elle est aussi capable de zoomer sur des hotspots de façon très résolue. Ces facultés nous donnent la chance de combiner ces différentes prises de vue et de travailler sur les changements d’échelle, qui plus est avec la profondeur temporelle qu’apporte la répétitivité des acquisitions satellitaires.
De façon plus générale, l’OT ouvre un point de vue que l’on n’a pas sur Terre mais qui est complémentaire des observations que l’on peut faire sur Terre. Ce sont donc des données très pertinentes à croiser avec d’autres sources d’informations pour développer des applications innovantes au bénéfice de la société.

Parmi les dispositifs de valorisation de la donnée spatiale du programme Aval du CNES se trouve le programme FPCUP. Que cachent ces cinq lettres ?
En effet, de 2019 à 2025, le CNES était partie prenante du programme FPCUP (Framework Partnership on Copernicus User Uptake), un dispositif mis en place par la Commission européenne afin de favoriser l’adoption des données Copernicus par les utilisateurs « reconnus » (voir encadré ci-contre). Il s’agissait :
- D’une part, de financer des actions conduisant à soutenir l’usage des données et services Copernicus (promotion, formation, adoption par les utilisateurs),
- D’autre part, de tester et développer des solutions métier et applications innovantes (Challenges, démonstrations et preuves de concept).
Les bénéficiaires : les réseaux Copernicus
En France, les promoteurs de Copernicus sont officiellement reconnus dans des dispositifs dédiés :
- L’écosystème français des Copernicus Relays, ambassadeurs du programme Copernicus,
- Le Copernicus Academy, réseau d’universités et d’établissements de recherche transmettant les compétences appropriées pour utiliser pleinement les services de données Copernicus.
👥 Ces deux communautés sont désormais regroupées sous le terme de « Copernicus Ambassador ».
Via ce programme et à travers ses partenaires, le CNES a mené 40 actions de promotion, de formation, de dialogue avec les utilisateurs, ou encore d’organisation de challenges basés sur l’utilisation des données Copernicus. Ce faisant, il a œuvré à fédérer un écosystème « Copernicus France », qu’il a animé à travers des workshops annuels.
Aujourd’hui FPCUP est devenu FPCUP-NEXT : de quoi s’agit-il, est-ce différent ?
Au terme du programme FPCUP, et sans renouvellement prévu par la CE, le CNES a décidé de mettre en place sur fonds propres un dispositif transitoire à destination de cet écosystème « Copernicus France ». Ainsi est né FPCUP-NEXT, avec notamment le soutien du Ministère de la Transition Écologique (MTE), pour sélectionner et financer un ensemble d’actions proposées par nos partenaires sur la période 2025-2026. FPCUP-NEXT est donc une prolongation purement française du programme européen initial.
Au-delà des données Copernicus, quelles sont les principales caractéristiques de ces programmes ?
La première concerne l’approche globale. Contrairement à l’approche top down classique, c’est-à-dire un appel d’offres lancé sur un cahier des charges prédéfini, ici c’est l’inverse avec une démarche bottom up : nous avons un budget et demandons à nos partenaires des propositions d’actions à financer. Cela offre l’avantage d’ouvrir un spectre très large d’initiatives, de public visé et d’applications, où un réel besoin guide l’approche.
La seconde caractéristique est propre à cette version -NEXT car majoritairement financée par le CNES : les actions soutenues ne se restreignent pas au simple périmètre de Copernicus et peuvent faire appel à des missions satellites du CNES comme SWOT ou CO3D. Récentes et innovantes, ces données présentent un fort potentiel applicatif dont nous soutenons la valorisation via d’autres dispositifs Aval.
Quelles actions ont déjà été retenues au titre de FPCUP-NEXT ?
7
actions déjà financées
par FPCUP-NEXT
Sept actions très diverses ont été sélectionnées dans le cadre du premier appel à propositions lancé en mars 2025, comme des formations sur l’apport des données satellitaires pour l’adaptation au changement climatique, une plateforme de ressources pédagogiques sur l’emploi des données Copernicus au service des pays du Sud, ou encore le développement d’une solution digitale simplifiée pour accompagner les petits pêcheurs de Bretagne.

Y en aura-t-il d’autres ?
Un second appel à propositions a eu lieu au début de l’été 2026 auprès de structures françaises labelisées « Copernicus Ambassador ». Aussi attractif que les précédents, le processus de sélection parmi les nombreuses propositions reçues est en cours avec le MTE.
Portrait d’Aval

© CNES/Frédéric MALIGNE, 2025
Robin Faivre, la vérité par l’OT
Après une licence de Géographie physique et un master en Géosciences, Environnement et Risques, Robin Faivre s’est naturellement orienté vers un doctorat en Télédétection. Car pour lui, l’OT représente « une manière de découvrir, observer et comprendre le monde de manière objective, dans sa beauté comme dans tous ses maux : conflits, changement climatique, catastrophes naturelles et industrielles… ». Et c’est bien cela qui a guidé son parcours : chef de projets pour le compte du CNES, de l’ESA et de la Commission Européenne, il a notamment travaillé sur la Charte Espace et Catastrophes majeures ainsi que la cartographie rapide du service Copernicus Emergency. Spécialiste Risques Naturels, il a également travaillé pour le compte d’assureurs et d’acteurs publics (collectivités, ministères, etc.). En rejoignant le CNES en 2022 en tant qu’Expert Applications et Services Avalpour accompagner le développement d’applications dans ses domaines de prédilection, il met sa passion au service de l’avenir, animé par le fait que « dans l’absolu, l’OT ne ment pas ».

